Action au musée de l’histoire de l’immigration


On voulait s’adresser au ministre de la culture –  malheureusement absent – et lui dire ce qu’on pense de son gouvernement. Lui proposer de démissionner, après tout.  Voici le texte: M. Riester, on a vérifié avant de venir, apparemment vous seriez ministre de la Culture. Ainsi donc, nous, travailleuses et travailleurs des Arts, de la Culture et du Spectacle, vous seriez notre ministre de tutelle. Et c’est étonnant parce qu’on a beau chercher, on n’a pas trouvé la moindre chose que vous ayez faite en faveur de la culture. Si bien qu’on pourrait se poser la question: à quoi servez-vous? Dans ce gouvernement de voleurs, n’êtes-vous qu’un ministre fantoche ou un voleur de plus? La réponse nous semble évidente:  350 millions d’€/an, c’est ce que votre gouvernement va voler dans le budget de la culture pour financer l’équivalent des cotisations patronales pour les autrices/auteurs, pour pallier les effets de cette immonde réforme des retraites. 110 millions pour les intermittent‧e‧s, pareil pour les journalistes et les architectes.Nous ne sommes pas dupes, M. Riester. Taper comme ça dans les caisses de la culture, notre argent, pour financer une réforme qui nous vole nos retraites, encore notre argent, c’est nous prendre doublement pour des con‧ne‧s. 

Amputer de moitié, à partir du 1er avril, les allocations des chômeur‧euse‧s et des précaires, comme celles et ceux d’entre nous qui font vivre les festivals de cinéma, de théâtre, de musique en enchaînant les CDD, et prétendre défendre la culture, c’est encore nous prendre pour des cons.Vous pavaner aujourd’hui au Musée National de l’Histoire de l’Immigration après que votre patron Macron ait lancé un débat nauséabond sur l’immigration, suivi d’une loi raciste qui accentue la traque des migrants et leur supprime l’Aide Médicale d’Etat, c’est une fois de plus nous prendre pour des con‧ne‧s. Mais la fête est finie M. Riester. Vous avez eu raison de nous craindre en annulant vos voeux à la BNF, car nous vous attendions. Tout comme nous sommes venus vous voir à la cérémonie des Molières l’année dernière. Tout comme nous vous avons fait face aux Biennales Internationales du Spectacle à Nantes il y a quelques semaines. Comme dans tous ces autres lieux où nous vous attendrons de pied ferme pour vous rappeler que nous représentons la Culture et vous l’inculture, que nous défendons la Création et vous la Destruction. Car nous sommes tout et nous sommes partout chez nous. Et vous, qui n’êtes rien, qui ne représentez personne, sachez M. Riester qu’il n’y a qu’une seule action digne que vous pourriez faire à la tête de ce ministère : partir!Au sein de cette action, bon nombres de collectifs étaient présents. Et c’était important que des membres de la coordination décoloniale d’Art en Grève (343 racisé‧e‧s, Décoloniser les Arts et La Permanence) soient là aussi pour confronter, de par notre présence, cet espace, son histoire, et sa continuité coloniale. Pour pointer du doigt un certain lissage de l’histoire organisée, et dénoncer les politiques migratoires du gouvernement. Le musée de l’histoire de l’immigration a une capacité de phagocytage des dynamiques et paroles décoloniales assez phénoménale. Il n’y a qu’à écouter le discours d’introduction pour s’en convaincre. Pour patienter, on nous projette la captation de phrases d’auteur‧e‧s décoloniaux , de témoignages, glissant sur les murs de l’édifice. Les écrits critiques et subversifs sont des animations qui viennent raviver les peintures inertes du palais de la porte dorée… Pourtant les dynamiques coloniales de notre histoire sont bel et bien vivantes: prédation, exploitation des corps, précarisation, destruction des régimes de solidarité, etc. et sont constitutives des rouages du système capitaliste et financier qui s’abat sur nous chaque jour en s’exerçant avec force sur nos identités de genre, de classe et de race. Et nous nous mobiliserons, tant qu’il faudra, contre les politiques, ministres fantoches, voleurs et autres complices de ce gouvernement et sa politique pourrie. 

LA COORDINATION DECOLONIALE – ART EN GREVE – LE CLAQ –  GILET JAUNE INTERMITTENTS CHOMEUR.E.S PRECAIRES -CONTRE LA REFORME DES RETRAITE, CONTRE LA PRECARISATION GENERALISEE DU MONDE DU TRAVAIL ET DES DISCRIMINATIONS QUI LE STRUCTURE.